Les traders travaillent sur le parquet de la Bourse de New York
par Claude Chendjou
Wall Street est attendue en légère baisse mardi sous la pression du secteur des semi-conducteurs, tandis que les Bourses européennes sont modérément dans le vert à la mi-séance dans une session où les investisseurs saluent l'annonce de la suspension par les Etats-Unis d'une attaque contre l'Iran sans toutefois afficher une grande conviction sur la perspective d'un accord de paix durable.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en recul de 0,16% pour le Dow Jones, de 0,38% pour le Standard & Poor's 500 et de 0,65% pour le Nasdaq au lendemain d'une séance en ordre dispersé où le Nasdaq a été victime de prises de bénéfice dans les nouvelles technologies.
Nvidia reflue de 1% en avant-Bourse et s'apprête à enregistrer une troisième séance consécutive de repli, les investisseurs se détournant des valeurs des semi-conducteurs, dont les valorisations élevées ont contribué à propulser les indices américains à des sommets historiques.
En Europe, la tendance est plus positive, avec à Paris, le CAC 40 qui gagne 0,87% à 8.056,76 points vers 11h45 GMT. À Francfort, le Dax avance de 1,35% et à Londres, le FTSE prend 0,73%.
L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 progresse de 0,82% et l'EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,60%. Le Stoxx 600 monte de 0,73%, tiré essentiellement par la consommation (+1,17%) et les compartiments défensifs de la santé (+1,05%) et de l'immobilier (+1,02%).
Le président américain Donald Trump a dit lundi qu'il y avait de "très grandes chances" que les Etats-Unis parviennent à un accord avec l'Iran pour l'empêcher de développer l'arme nucléaire, quelques heures après avoir annoncé sur les réseaux sociaux renoncer à effectuer de nouveaux bombardements.
Par ailleurs, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a prolongé de 30 jours une dérogation aux sanctions afin de permettre aux pays "vulnérables sur le plan énergétique" de continuer à acheter du pétrole russe transporté par voie maritime.
Ces nouveaux développements ont entraîné une baisse des cours du pétrole mais ils restent au-dessus de la barre symbolique des 100 dollars le baril, tandis que les rendements obligataires se sont stabilisés.
"Nous passons sans cesse d'un cycle d'actualités à l'autre, avec beaucoup de bruit médiatique, mais jusqu'à présent, aucun développement significatif n'indique le début de la fin de la guerre", note Ole Hansen, stratège chez Saxo Bank.
Signe d'un marché toujours sur le qui-vive, les indices de la volatilité à Wall Street et sur l'EuroStoxx 50 restent à des niveaux élevés, proches du seuil des 20 points.
L'espoir d'une détente au Moyen-Orient profite davantage à l'Europe qu'aux Etats-Unis, le bloc communautaire européen étant fortement dépendant des importations d'hydrocarbures en provenance de la région. Les marchés boursiers européens ont par ailleurs accusé un retard par rapport à leurs homologues dans le reste du monde qui ont profité de l'optimisme autour de l'intelligence artificielle (IA).
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Home Depot, considéré comme un baromètre de la consommation aux Etats-Unis, a fait état mardi d'un chiffre d'affaires supérieur aux attentes au titre du premier trimestre, porté par une demande soutenue de la part des professionnels. L'action gagne environ 2% en avant-Bourse.
Alphabet prend 1% en avant-Bourse à la faveur de l'annonce d'un partenariat avec Blackstone dans le domaine du cloud (informatique dématérialisée) et de l'IA.
VALEURS EN EUROPE
Vallourec chute de 7,82% après la cession par ArcelorMittal d'une participation d'environ 10% dans le fabricant français de tubes en acier pour près de 667 millions de dollars (573,02 millions d'euros).
Stellantis avance de près de 1% après avoir annoncé le lancement du nouveau projet E-car, une petite voiture électrique destinée au marché européen.
Dr Martens grimpe de 8,39%, le fabricant britannique de bottes ayant fait état d'une hausse de 61,3% de son bénéfice avant impôts ajusté pour l'ensemble de l'exercice.
Standard Chartered, qui a annoncé prévoir de supprimer plus de 7.000 emplois au cours des quatre prochaines années avec le recours à l'IA, abandonne près de 1%.
Evolution bondit de 7,81%, le spécialiste suédois des casinos en ligne ayant lancé un programme de rachat d'actions de 2 milliards d'euros.
Du point de vue sectoriel, la défense est bien orientée avec des valeurs comme Saab après l'annonce par la Suède de l'acquisition de frégates françaises pour plus de 4 milliards de dollars. Rheinmetall prend 4,62% et Thales gagne 3,63%.
L'indice des nouvelles technologies progresse également, de 1,02%, avec notamment SAP (+5,92%) et Dassault Systèmes (+4,23%), soutenus en partie par les résultats meilleurs que prévu du groupe technologique suédois Lagercrantz (+7,21%).
PÉTROLE
Le marché pétrolier est en repli mardi, Donald Trump ayant annoncé avoir suspendu une attaque en Iran afin de permettre aux discussions de paix d'avancer au Moyen-Orient.
Le Brent reflue de 1,68% à 110,22 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) décline de 1,11% à 107,45 dollars.
Les deux références du pétrole avaient atteint lundi leurs plus hauts niveaux depuis respectivement le 5 mai et le 30 avril.
TAUX
Les rendements obligataires souverains en zone euro se sont stabilisées mardi, juste en dessous des sommets pluriannuels atteints la veille, alors que les investisseurs se préparent à une période prolongée de prix élevés de l'énergie qui pourraient se répercuter sur l'inflation globale et pousser lesbanques centrales à relever leurs taux directeurs.
Le rendement du Bund allemand à dix ans s'affiche à 3,15%, après avoir atteint un pic à 3,19% lundi, son plus haut niveau depuis 2011.
Les marchés tablent avec une probabilité d'environ 80% sur une hausse des taux de 25 points de base de la Banque centrale européenne (BCE) le mois prochain et prévoient deux autres hausses de cette ampleur d'ici la fin de l'année..
Le rendement du Gilt britannique à dix ans recule de 5,8 points de base, à 5,06%, après une baisse d'environ 7 points de base lundi, deuxième repli consécutif, à la suite d'informations selon lesquelles Andy Burnham, le candidat le plus probable à la succession du Premier ministre Keir Starmer, ne modifierait pas les règles budgétaires actuelles. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans perd mardi 1,6 point de base, à 4,60%, contre 4,65% la veille, qui était alors son plus haut niveau depuis février 2025.
CHANGES
Le dollar fait du surplace face à un panier de devises internationales, les cambistes mettant en balance leurs espoirs prudents d'un accord de paix au Moyen-Orient et leurs craintes que la Réserve fédérale américaine (Fed) ne relève ses taux pour juguler une inflation alimentée par la flambée des prix de l'énergie. Le billet vert a mis fin lundi à une série de cinq séances consécutives de hausse.
L'euro recule de 0,26%, à 1,1624 dollar, tandis que la livre sterling s'échange à 1,3409 dollar, en repli de 0,19%.
PLUS AUCUN INDICATEURS ÉCONOMIQUE MAJEUR À L'AGENDA DU 19 MAI
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)

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